Kézaco So ThéâtroUs So ColocationoUs So ProvincioUs Contact

« Hot or not : Vinzouille (La Saga Corsica Ferries 5) | Page d'accueil | L'ch'Nord Cho GlamoUrous en ch'ti »

mercredi, 15 juillet 2009

Donner du sens (La Saga Corsica Ferries 6)

3639133134_620cb19019_o.jpg
Voilà, je crois que j'ai touché le fond du grand trou noir : une semaine que je n'ai pas rédigé de billet ici.

Et le pire c'est que je m'en fiche complètement.

Non pas que je ne tienne pas à vous, hein ?

En fait je crois que c'est justement parce que je tiens à vous, que y'a plein de fois où je n'ai pas envie de bâcler un billet en 10 minutes.

Mais à priori, d'ici quelques jours, ça ira mieux, je serai en vacances, j'aurais le temps de vous raconter plein de trucs rigolos.

DSC07559.JPG

Mais là, tout de suite, on part en Corse.

D'ailleurs, vous en avez peut-être un peu tous marre de mon périple corse ?

J'adore vous parler de la Corse les gras, faut y aller les amis, faut y aller !

Et d'ailleurs, va bien falloir suivre ce bloug, parce que je vais proposer à l'un(e) d'entre vous de m'y accompagner pendant un weekend.

Mais ça on en parlera plus tard.

...

DSC07607.JPG

Donc on était en Corse avec les autres blogueurs, leurs téléphones, leurs appareils photos, leurs Ipod, et j'en passe et des meilleures.

Plutôt que de regarder un écran, je m'excuse, j'ai préféré regarder le Vinzouille et patauger dans la flotte glacée mais jolie, de la vallée de l'Asco.

On était quand même bien crevés, surtout que y'avait eu l'orgasme multiple du baudrier, et ça te crève une gonzesse un truc pareil.

Si si.

Mais bon, dormir dans le car ça aurait été dommage, alors Sylvie, la guide du tonnerre, nous a raconté des corseries, et on a fait des ah et des oh.

Au bout de 10 minutes, y'avait plus que Vinzouille et moi pour faire des ah et des oh, parce qu'on avait tous drôlement sommeil.

Mais nous, on se pinçait mutuellement alors ça allait.

DSC07562.JPG

Et puis là, on a atteri sur une plage de l'Ile Rousse, avec dans un coin Jenifer, mais que je n'ai pas vue, trop occupée à baver en dormant, sur ma serviette vilaine, avec toute la chair de mes cuisses étalée dessus.

Croyez-moi : jamais de ma vie je n'ai été aussi sexy.

A deux moments, je suis allée faire la naïade qui a le big booty, mais ça c'est parce que j'avais juste envie de faire pipi.

Faire pipi dans la mer, ça n'a pas de prix.

Alors faire pipi dans la mer Corse, c'est juste le nirvana.

(Mais moins que le baudrier).

Le soir on a posé les affaires à l'hôtel, et on avait le choix entre rien foutre, et voir Calvi.

Je vous laisse deviner ce que j'ai choisi ...

DSC07597.JPG

Une fois de plus, on a visité une ville quasiment seuls au monde.

Donc la Corse, c'est terrible en juin et septembre.

Y'a que juillet & août où t'as le bob en goguette (et en nombre).

Là y'avait personne à Calvi, que nous qui faisions les marioles.

C'était drôlement chouette.

DSC07609.JPG

Alors c'était beau, la Citadelle, les petits pavés qui ont ruiné mes Karine Arabian, les églises où tu as envie de rester des heures, alors que bordel, les bondieuseries ...

Mais là, tu as juste envie de t'asseoir et de réfléchir.

Et je me dis qu'à Paris, je prends rarement le temps pour ça.

Réfléchir.

DSC07592.JPG

Le soir, on a pris le minibus, le chauffeur taciturne mais dans le bon sens, le micro 3ème âge, et on est parti loin de tout, dans le plus bel endroit qu'il m'ait été donné de voir.

Ce petit resto bijou, ça me faire presque mal de vous le donner, tant le fait qu'il soit préservé en garantit le charme.

Mais bon, je vous le donne parce qu'on est entre nous, et faut y foncer sans réfléchir :

Le Pain de Sucre Plage de Sainte-Restitude 20260 Lumio

DSC07634.JPG

T'as les petites bougies qui flottent au vent, et cette petite fille qui te regarde en te disant que sa glace elle est drôlement bonne.

T'es là, tu regardes la mer et le soleil qui se casse la gueule dedans, et tu ne te souviens pas avoir eu un jour cette insouciance là, de la gamine qui est juste heureuse et qui se demande si c'est mieux vanille ou chocolat, qui court sur le sable un peu mouillé et froid parce que la nuit tombe.

Sa mère est là, pas loin, je ne l'ai pas vue.

Je regardais cette gamine, et j'ai compris que c'est peut-être après cette insouciance là que je courrais toute ma vie.

Peut-être en vain.

Sûrement en vain d'ailleurs.

3631485491_93eb545835_b.jpg

Sa mère est là, pas loin.

Sa famille aussi ?

Peut-être aussi est-ce soir là que j'ai compris que pour courir dans le sable en te foutant de tout, tu as besoin de cette présence bienveillante à côté de toi, que tu ne vois pas forcément, mais qui est là, et qui te rassure.

Qui est là.

Et en vrai, de telles présences j'en découvre plein autour de moi, et vous aussi, vous en faites partie.

Une présence désincarnée certes, mais qui donne du sens.

Du sens parce que je vais pouvoir le partager.

C'est drôlement cool d'être riche de ça.

Alors j'ai pas eu l'insouciance avant, mais je l'ai maintenant, et du coup je crois que je vais encore mieux en profiter.

3638323663_2d9460d7c7_o.jpg

Finalement avec Vinzouille, on a sauté dans les vagues, et on a pris plein de photos.

On trouvait ça beau, et on a partagé ça ensemble.

Parce que la vérité c'est qu'on était seuls ce soir là, et que y'a certaines choses, c'est tellement moche de ne pas pouvoir les partager avec les gens qui comptent pour toi.

Alors tu envoies un texto, une photo avec ton téléphone.

Mais le destinataire ne comprend rien à ta magie, parce qu'il ne voit pas.

Il ne voit pas les vagues, il n'entend pas le souffle qui se lève, il ne voit pas la petite fille, il ne sait pas la maman qui est là.

3638322433_68d69935a0_o.jpg

En vrai ce weekend là, avec Vinzouille on a agglutiné nos deux solitudes, comme dit Frédéric Recrosio, et c'est vrai que ce fut un instant fort.

Car le conglomérat a pris.

Et c'est aussi pour ça que je suis chiante avec ma Corse, hein ?

Mais les gras, c'est tellement fort ce que j'ai pu ressentir !

Alors j'ai eu envie de vous le dire, même si au final, je ne sais pas du tout comment vous le percevrez ...

Et même si tout le monde survole, parce que mes histoires de couilles, c'est toujours plus divertissant.

Et surtout que ce billet, il est drôlement mal écrit, mais que je n'arrive pas à en changer une virgule.

La flemme, sûrement ...

3639133474_0bf1527d7e_o.jpg

Bon, y'a autre chose qui a joué, c'est que deux mecs grattaient des guitares, et chantaient des chansons qui te collent la larme à l'oeil.

Ces deux mecs là, ils grattaient la guitare comme personne, d'ailleurs je vous laisse les découvrir ici :

Dédé SEKLI (featuring Jean-Jacques)

(Oui, semblerait que tout le monde s'appelle Jean quelquechose là-bas, exactement comme dans cette BD que j'ai adorée tiens ).

Et puis dans l'assiette c'était joli.

Alors on s'est mis pieds nus, et on a dansé dans la nuit, avec Gilbert qui devaient bien se marrer de ces parisiens qu'un rien émeut.

Et c'est vrai qu'on était mièvres.

Bordel de couille.

DSC07631.JPG

On a très bien mangé, c'était presque étonnant, sur cette terrasse au milieu de nulle part.

C'était terriblement bon.

Point barre.

Et puis il a fallu rentrer, après des dizaines de "Une autre, une autre", pour que la guitare continue d'être grattée.

La majorité avait bien sommeil, vu qu'on avait un peu vécu 6 journées en une : la visite de Bastia le matin, les poulies et la presque escalade sur des ponts branlants, le pique nique et le strip-tease de Vinzouille, la plage à l'île Rousse, la visite de Calvi et puis ce diner magique.

Mais on nous avait dit d'aller chez Tao, comme quoi que c'était un bar branchouille et que ça devrait nous plaire à nous autres, les parisiens.

Et en vrai c'était pas du tout branchouille quand on y est allé et c'était tant mieux.

DSC07694.JPG

Y'avait de la grosse caisse et du piano, y'avait des cocktails sirupeux, et y'avait Vinzouille et quelques autres.

Là avec mon acolyte, on a passé des coups de fil en regardant le port, parce qu'une fois de plus on voulait partager avec des gens qu'était pas là avec nous.

Avec des gens qu'on a aimés, ou qu'on aime maintenant.

Mais voilà, comme sur la plage, ils n'étaient pas là avec nous, alors on n'aura pas partagé grand chose.

Je crois qu'avec Vinzouille, on a compris ce soir là, que parfois t'es tout seul pour partager et que la lune, tu la regardes tout seul et qu'au final c'est pas moins beau.

T'es tout seul, et là tout de suite, t'en avais peut être besoin.

Et puis va falloir apprendre à regarder les choses tout seul, ça te changera un brin.

DSC07697.JPG

Suspens insoutenable, à la fin, on s'est couchés.

Parce que le lendemain on repartait faire les couillons.

Point barre.

 

Ah oui, c'est abrupt comme conclusion.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.soglamourous.com/trackback/2287532

Commentaires

Wow, c'est très émouvant la manière dont tu le racontes... Beau remerciement pour l'agence qui vous a invités ! ;-)

Ecrit par : Jules | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

Ca sent l'amour cette note... :)

Ecrit par : Osmany | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

@Jules : Ca n'était plus une opération blogueurs au final. Plus du tout.

@Osmany : Tu me rassures, je pensais que ça sentait sous les bras ...

Ecrit par : Alexiane | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

c'est fou comme quelques jours nous font réfléchir ce que nous n'avons pas réfléchi pendant des décennies... (euh, tant que ça?)(mouais)
c'est beau.
c'est fort.
c'est comme le roquefort.
(putain, fallait que je chie la fin de mon com)

Ecrit par : noisette | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

Oui voilà, je suis d'accord avec tout sauf le roquefort.

Ecrit par : Alexiane | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

Bonjour,

Comme d'habitude, je n'ai lu que la conclusion et je ne comprends pas bien le mot "abrupt" ?!

Mais, bordel, où qu'est passé le poireau auriculaire ?

Ecrit par : Fétichiste du poireau auriculaire | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

J'avoue, c'est très joliment raconté, tout ça, ça me donne assez envie de retourner en Corse comme quand j'étais petit.

Mais depuis l'époque de la Corse, j'ai grandi et j'ai le vaïce dans la peau, et je dis donc : y'a des plages, y'a du soleil, alors où sont les corses, où sont les hommes dénudés, au final, dans toute cette magie, hein ??

Ecrit par : vinsh | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

Tu aurais pu partager avec moi...
Mais n'hésites pas la prochaine fois, car c'est beau. Tout simplement.
Merci...

Ecrit par : SONIA | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

en lisant ces lignes, j'ai eu les poils (enfin au figuré, la cire a pris tout ce qu'il y avait à prendre).
je crois que quand on touche à ces instants de sérénité, on ne peut plus s'en passer. Ce qui est beau, c'est qu'ils peuvent se passer en Corse, ou devant un film ou même sur l'autoroute à Vierzon (là, c'est extrême mais ça peut arriver).

mon bain de guimauve m'attend maintenant.

Ecrit par : Petite Cervoise | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

C'est au contraire un billet plein d'émotion qui m'a convaincue que notre voyage de noces aurait lieu là-bas et pas dans une île artificielle.
(enfin, le fait de ne pas prendre l'avion est le critère de choix principal alors on va dire que ça me déculpabilise)

Ecrit par : Ginie et son paillasson | mercredi, 15 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

je reviens d'une semaine, trop courte, au Cap Corse, et c'est vrai que justement c'est un bel endroit pour réfléchir/rosé/coppa/seul/vie/mièvre/fruitsdemer/eau transparente/amitié/, bref il me parle ce billet

Ecrit par : pico | jeudi, 16 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

Tu sais que tu me donnes terriblement envie de courir en Corse .... elle est belle ta Corse ...
C'est drôlement balot que j'ai commencé un nouveau boulot hier ... bouhou !

Ecrit par : eamimi | jeudi, 16 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

C'est justement ces billets-là que j'aime le plus lire de toi -et je crois que tu le sais :-)

Et puis tu n'étais pas seule, tu étais avec Vinzouille. Peut-être que tu aurais aimé le partager avec d'autres, mais peut-être qu'avec d'autres, justement, tu n'aurais pas pu le partager. Va savoir...

Ecrit par : Dorothée | jeudi, 16 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

Ça me touche vraiment ce que tu écris,j'ai adorée ta saga corsica. Je ressens ça quand je pars en voyage à chaque fois, ce laissé -aller, cette forte émotion, ce sentiment de toucher un truc du bout des doigts qui t'échappe et que tu voudrais garder pour toujours et faire partager aux autres. Tu me donnes envie de partir en voyage, de refaire des photos, de partager, de vivre, merci (ça fait très mielleux et couillon ce que je dis, mais j'avais envie de te le dire car je le pense vraiment). Bordel c'est chouette la vie quand même...

Ecrit par : La bisontine | jeudi, 16 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

@Fétichiste du poireau auriculaire : faudra que je le dise un jour, qu'en vrai, le poireau c'est une verrue. Faudra.

@Vinsh : Ils arrivent !

@Sonia : Tu n'aurais pas vu des tes yeux, je crois que c'était fondamental ;)

@PetiteCervoise : Ne fais pas genre, je sais bien que y'a un canard dans ta baignoire, et qu'il ne fait pas dans la guimauve, lui !

@Ginie : Pour le voyage de noces là-bas, j'ai un hôtel terrible à te recommander : http://www.hoteldelaroya.com/

Pico : Il faut que j'y aille au Cap Corse, absolument !

Eamimi : Tu peux y aller un week-end ;)

Dorothée : Au final, y'a des trucs qu'on ne partage pas et ça ne les rend pas moins beaux ...

La bisontine : Merci à toi, je suis très touchée.

Ecrit par : Alexiane | jeudi, 16 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

t'as pas visité -le site prehistorique- avec les statues en forme de... statues ?

Ecrit par : les3tinorossis | jeudi, 16 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

C'est pas possible comme tu sais me coller les larmes aux yeux.
Il est sublime ce billet !! Tellement riche ou bien je suis devenue mièvre et sensible; et ce serait bien, ce serait même mieux.
Merci pour ces douces émotions. Merci d'avoir partagé.
La Bise

Ecrit par : Fran | jeudi, 16 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

J'en reviens, une petite semaine de magie à Calvi...Je repars avec toi quand tu veux tu sais??!!!

Ecrit par : aZZed | vendredi, 17 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

Et bé, ça ne m'étonne pas qu'on tombe chez toi en passant par la Noisette ! Et c'est un compliment.

Ecrit par : M. | vendredi, 17 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

Merci beaucoup, je vais aller voir ça ;)
(on t'enverra une carte)

Ecrit par : Ginie et son paillasson | samedi, 18 juillet 2009

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire